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Gilbert Simondon (1924- 1989)



Agrégé de philosophie, G. Simondon enseigne d'abord la philosophie au lycée (1948-1955), puis la psychologie, à l'Université de Poitiers (1955-1963). Il soutient une thèse d'État en 1958, constituée d'une thèse principale "L'individuation à la lumière des notions de forme et d'information" et d'une thèse complémentaire : "Du mode d'existence des objets techniques". Il est nommé maître de conférence puis professeur de psychologie à la Sorbonne. Il y enseignera la psychologie et la philosophie des sciences et des techniques jusqu'en 1983.

(Pour plus de détails sur sa biographie, voir le site :
http://gilbert.simondon.fr/content/biographie)

On trouve aussi sur ce site les résumés de ses deux thèses, rédigés par l'auteur, et une bibliographie.

Individuation et transindividuel

D'après l'introduction de "L'individuation psychique et collective", paru en 1989 et réédité en 2007 (Ed. Aubier), avec une préface de Bernard Stiegler.

Simondon part du problème de l'ontogénèse (la constitution de l'être individuel). Il remarque que la plupart des théories philosophiques s'intéressent surtout à l'individu constitué. Il propose au contraire de considérer comme primordiale l'opération d'individuation. Il écrit :

"L'individu serait alors saisi comme une réalité relative, une certaine phase de l'être qui suppose comme elle une réalité préindividuelle, et qui, même après l'individuation, n'existe pas toute seule, car l'individuation n'épuise pas d'un seul coup les potentiels de la réalité préindividuelle, et d'autre part, ce que l'individuation fait apparaître n'est pas seulement l'individu, mais le couple individu-milieu." (p. 12).

Dans cette conception, le devenir est une dimension de l'être. L'individu est un être en devenir et un être en relation. Il n'est ni stable, ni isolable de son milieu.

"L'être concret, ou être complet, c'est à dire l'être préindividuel est un être qui est plus qu'une unité." (p. 13).

"L'unité et l'identité ne s'appliquent qu'à une des phases de l'être, postérieure à l'opération d'individuation (…) elles ne s'appliquent pas à l'ontogénèse entendue au sens plein du terme, c'est à dire au devenir de l'être en tant qu'être qui se dédouble et se déphase en s'individuant." (p. 14).

"Le vivant conserve en lui une activité d'individuation permanente : il n'est pas seulement résultat d'individuation, comme le cristal ou la molécule, mais théâtre d'individuation." (p. 16).

"Le vivant résout des problèmes, non pas seulement en s'adaptant, c'est à dire en modifiant sa relation au milieu (…), mais en se modifiant lui-même, en inventant des structures internes nouvelles…" (p. 17).

"Le psychisme est poursuite de l'individuation vitale chez un être qui, pour résoudre sa propre problématique, est obligé d'intervenir lui-même comme élément du problème par son action, comme sujet ; le sujet peut être conçu comme unité de l'être en tant que vivant individué et en tant qu'être qui se représente son action à travers le monde comme élément et dimension du monde. " (p.19).
"Cependant, l'être psychique ne peut résoudre en lui-même sa propre problématique (…) l'individuation sous forme de collectif fait de l'individu un individu de groupe par la réalité préindividuelle qu'il porte en lui et qui, réunie à celle d'autres individus, s'individue en unité collective. Les deux individuations, psychique et collective, sont réciproques l'une par rapport à l'autre ; elles permettent de définir une catégorie du transindividuel qui tend à rendre compte de l'unité systématique de l'individuation intérieure (psychique) et de l'individuation extérieure (collective)" (p. 19).

"Le psychisme est fait d'individuations successives permettant à l'être de résoudre les états problématiques correspondant à la permanente mise en communication du plus grand et du plus petit que lui.
Mais le psychisme ne peut se résoudre au niveau de l'être individué seul : il est le fondement de la participation à une individuation plus vaste, celle du collectif." (p. 22).

"Ce que l'on prend pour relation ou dualité de principes est en fait étalement de l'être, qui est plus qu'unité et plus qu'identité ; le devenir est une dimension de l'être, non ce qui lui advient selon une succession qui serait subi par un être primitivement donné et substantiel." (p. 23).

Transduction


"Nous entendons par transduction une opération physique, biologique, mentale, sociale, par laquelle une activité se propage de proche en proche à l'intérieur d'un domaine, en fondant cette propagation sur une structuration du domaine opérée de place en place. "

"L'opération transductive est une individuation en progrès"
"La transduction est l'apparition corrélative de dimensions et de structures dans un être en tension préindividuelle". (p. 25).

"Dans le domaine du savoir, elle définit la véritable démarche de l'invention, qui n'est ni inductive, ni déductive, mais transductive, c'est à dire qui correspond à une découverte des dimensions selon lesquelles une problématique peut être définie (…). La transduction (…) exprime l'individuation et permet de la penser ; c'est donc une notion à la fois métaphysique et logique ; elle s'applique à l'ontogénèse et est l'ontogénèse même. (…) elle est un procédé mental, et plus encore qu'un procédé une démarche de l'esprit qui découvre. Cette démarche consiste à suivre l'être dans sa genèse, à accomplir la genèse de la pensée en même temps que s'accomplit la genèse de l'objet. (…)

Le temps lui-même, dans cette perspective ontogénétique, est considéré comme expression de la dimensionnalité de l'être s'individuant." (p. 26-27).

"la transduction se caractérise par le fait que le résultat de cette opération est un tissu concret comprenant tous les termes initiaux (…); l'ordre transductif conserve tout le concret et se caractérise par la conservation de l'information, tandis que l'induction nécessite une perte d'information ; de même que la démarche dialectique, la transduction conserve et intègre les aspects opposés…" (p. 28).

"Seule l'individuation de la pensée peut, en s'accomplissant, accompagner l'individuation des êtres autres que la pensée ; ce n'est donc pas une connaissance immédiate, ni une connaissance médiate que nous pouvons avoir de l'individuation, mais une connaissance qui est une opération parallèle à l'opération connue ; nous ne pouvons, au sens habituel connaître l'individuation ; nous pouvons seulement individuer, nous individuer, et individuer en nous ; cette saisie est donc, en marge de la connaissance proprement dite, une analogie entre deux opérations, ce qui est un certain mode de communication. L'individuation du réel extérieur au sujet est saisie par le sujet grâce à l'individuation analogique de la connaissance dans le sujet ; mais c'est par l'individuation de la connaissance et non par la connaissance seule que l'individuation des êtres non sujets est saisie. Les êtres peuvent être connus par la connaissance du sujet, mais l'individuation des êtres ne peut être saisie que par l'individuation de la connaissance du sujet. " (p. 30).



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