A propos pierre hébrard

A vécu en France (Perpignan, Avignon, aujourd'hui Montpellier) et aussi au Canada (Toronto) et en Algérie... A été actif comme formateur, enseignant, chercheur et l'est encore... et aussi lecteur (beaucoup) et écriveur (un peu) ici et là : www.translaboration.fr

Ce que le numérique fait aux savoirs

Extrait de « La carte et l’Océan: ce que le numérique fait aux savoirs (4) »

Par Christian Jacob

http://lieuxdesavoir.hypotheses.org/1292

La masse des livres, le nombre des textes excèdent les capacités du lecteur individuel. La bibliothèque est un horizon qui peut être écrasant tant elle signifie notre finitude par rapport à l’infini des savoirs. Chaque lecteur doit donc apprendre à se repérer dans cet infini, et à tracer ses propres cheminements, personnels, partiels, inachevés, hésitants.

Ces cheminements peuvent être encadrés par les enseignants, qui déblaient le terrain et prescrivent les lectures. Ils peuvent aussi être menés de manière autonome, selon de multiples stratégies : aléatoires ou programmées, extensives ou intensives, digressives ou focalisées.

Le numérique fait de chacun d’entre nous un voyageur, un nomade et un braconnier, pour reprendre les belles images que Michel de Certeau appliquait à l’homme ordinaire et à ses libres déambulations. Il faut essayer de tracer son chemin au ras du sol, tout en ayant une vision aérienne, cartographique, schématique, de l’espace dans lequel on circule. Le numérique est un art du cheminement, qu’il s’agisse de lire, d’écrire, ou de lier et de relier. Cheminer en liant, en déliant, en reliant. Il y a deux dimensions intimement corrélées : apprendre à avancer, à aller d’un lieu à l’autre sans se perdre, maîtriser les bifurcations, savoir se repérer; mais aussi identifier les lieux où l’on se trouve, les comparer, les évaluer, disposer de l’outillage critique pour sonder les terrains des sites que l’on visite, les informations que l’on collecte.

une vieille pensée sur la pensée

 L’homme n’est qu’un roseau, le plus faible de la nature ; mais un roseau pensant. Il ne faut pas que l’univers entier s’arme pour l’écraser : une vapeur, une goutte d’eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l’univers l’écraserait, l’homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu’il sait qu’il meurt, et l’avantage que l’univers a sur lui, l’univers n’en sait rien. Toute notre dignité consiste donc en la pensée.

B. Pascal

« Quel modèle de la compétence ? » en espagnol

Ma communication présentée à Barcelone en février 2012 dans le cadre d’un séminaire du Réseau Observatoire International sur la Professionnalisation (ROIP) a été traduite et est reprise  dans un livre édité par deux collègues de l’Universitat Internacional de Barcelona : A. Arbos et P. Puig. « Qué modelo de competencia ? » in Formacion, aprentizage y valdacion de la experiencia, UIC Publicacions, 2013.

la leçon de Barthes

Car ce qui peut être oppressif dans un enseignement, ce n’est pas finalement le savoir ou la culture qu’il véhicule, ce sont les formes discursives à travers lesquelles on les propose. Puisque cet enseignement a pour objet, comme j’ai essayé de le suggérer, le discours pris dans la fatalité de son pouvoir, la méthode ne peut réellement porter que sur les moyens propres à déjouer, à déprendre, ou tout au moins à alléger ce pouvoir. Et je me persuade de plus en plus, soit en écrivant, soit en enseignant que l’opération fondamentale de cette méthode de déprise c’est, si l’on écrit, la fragmentation et, si l’on expose, la digression, ou, pour le dire d’un mot précieusement ambigu : l’excursion.

Roland Barthes Leçon (texte de la leçon inaugurale au Collège de France), Seuil, 1978

langage et pouvoir d’agir

 

« Nous attribuons au langage un pouvoir d’agir (agency), un pouvoir de blesser (…). Le langage pourrait-il nous blesser si nous n’étions pas, en un sens, des êtres de langage, des êtres qui ont besoin du langage pour être ? »

 

Judith Butler « Le pouvoir des mots. Politique du performatif, Editions Amsterdam, 2004 (1997). Traduction et préface de Charlotte Nordmann. (p. 21).

Un pas de côté

L’expression pas de côté m’est familière, je la situe dans le discours ordinaire de la psychanalyse, tant du côté des analystes que des analysants : parvenir à faire un pas de côté par rapport aux transmissions, aux normes, aux assujettissements de l’inconscient, aux déterminismes de la névrose, c’est l’un des principaux objectifs d’une analyse. Pas de côté, c’est la formulation d’une réflexivité spatialisée, par le déplacement de nos pieds sur le sol de notre existence.

La suite :  « Prélude. La réflexivité est un sport de combat » , par Marie-Anne Paveau

sur le site http://reflexivites.hypotheses.org/author/penseedudiscours

chercher un visage ami

« C’est comme quand vous êtes dans la foule et que vous cherchez un visage ami, pas n’importe qui, justement pas, un ami, un visage qui soit celui d’un ami, un visage dans le regard de qui il soit possible de plonger le regard, et de se tenir. Plonger son regard dans un texte, c’est comme plonger dans le regard d’un autre, non ? Et accéder à la dimension que nos corps ne disent pas. »
Extrait de : Vingt-trois minutes pour ne pas devenir fou (3)
Isabelle Pariente-Butterlin _  le 11 décembre 2013.

http://www.auxbordsdesmondes.fr/spip.php?article1759

Un texte dans lequel on plonge, et qui nous tient, nous aide à tenir ou à savoir à quoi l’on tient. Souvent les textes d’Isabelle… la profondeur de son regard, sur le monde… sont comme le visage d’un ami

Conférence de vernissage d’exposition

Romain LOUVEL : Conférence de vernissage d’exposition

(Conférence prononcée lors du vernissage de l’exposition « Discovering the city », Musée Wola, Varsovie, le 27 novembre 2013. Cet évènement participe au projet Expéditions)

« Discovering the city » manifeste le retour des explorateurs partis en Expédition quelques mois plus tôt en Espagne, en France et en Pologne. Il prend la forme d’une exposition installée dans un musée. Les activités d’exploration ont produit des objets de formes et de disciplines diverses, réunis dans une collection, identifiés dans un catalogue, sélectionnés par Anna Banaś et mis en scène par Anna Met.

L’exposition « Discovering the city » résulterait d’une telle équation qui rassemble l’auteur, le collectionneur, la collection, le commissaire, le scénographe et le musée.

Je m’interroge du sens attribué à ces objets exposés au travers leur parcours et leur histoire. Je m’interroge aussi de la manière d’exposer ces objets, du sens et des raisons que nous avons a le faire. Et je m’intéresse au rôle que l’exposition joue dans l’érection de ces objets au statut général de matière pour la connaissance, voire de connaissance pure.

Il y a un mécanisme de fabrication de la connaissance auquel l’exposition contribue.

Mais…

Qu’est-ce qu’une exposition ? Pourquoi fait-on des expositions ?

… lire la suite : http://www.les-seminaires.eu/conference-de-vernissage-dexposition/, mis en ligne le 2 décembre 2013

Rencontre avec Isabelle P-B (2)

Hier 30 novembre à la médiathèque Emile Zola, rencontre avec quatre auteurs de « littérature numérique », dont Isabelle. Ils ont parlé de leur travail d’écriture avec ou sans ordinateur, de la publication papier ou numérique, de François Bon, de la revue « D’ici là ». Elles ont parlé (Louise Imagine et Isabelle Pariente-Butterlin) de leur oeuvre croisée : « La croisée des marelles ».

Peu de temps a été accordé au dialogue, aux échanges avec le public (claisemé) qui a écouté le témoignage des écrivains. J’ai pu dire quelques mots sur l’accès aux oeuvres numériques via Publie.net et aussi témoigné du plaisir  que m’apporte, comme lecteur, l’accès à l’atelier d’écriture de quelques auteurs, à travers leur blog ou leur site, en particulier celui d’Isabelle, « auxbordsdesmondes ». Belle rencontre, mais si peu de monde. Tout ce qui reste à faire pour faire connaître cette littérature contemporaine qui s’écrit et qu’on lit sur les écrans, et sur les expérimentations auxquelles elle se risque, comme cet enrichissement des textes par les images et le son.

(en savoir plus : http://www.auxbordsdesmondes.fr/spip.php?article1743)