Questions de complexité

« ce qui pose souvent question n’est pas tant les solutions proposées, que la définition même de la question. »

« Un certain mépris pour les expériences pratiques inscrit dans nos cultures scientistes de recherche et de formation cherche à nous convaincre qu’il faut d’abord résoudre théoriquement les problèmes pour en déduire ensuite les pratiques contextualisées en appliquant les solutions élaborées dans l’intimité de la théorie. »

« Cessons de penser que la solution du problème que l’on se pose peut être apportée d’en haut et de l’extérieur par de seuls « experts » non impliqués dans les enjeux du problème en question. Lorsqu’on applique des solutions ainsi conçues, qui ressemblent à des formules passe partout, toutes faites, imprégnées de pensée déterministe, il est rare que cela fonctionne bien. Mais lorsque les questions pragmatiques sont vraiment prises en considération, que la situation singulière est examinée – modélisée – à l’aide des connaissances existantes, E. Ostrom montre dans ses ouvrages concernant le « Working together » qu’il est possible de mettre au point des principes de conception de situations d’action collective dans lesquelles les professionnels peuvent coopérer, communiquer, créer un rapport de confiance, de réciprocité, et contribuer à résoudre leurs questions du travailler ensemble « à fins de ».

Fleurance, P. (2016). Enrichir nos cultures épistémologiques pour concevoir la complexité, dans Interlettre chemin faisant, Réseau intelligence de la complexité, n°80, Dec. 2016 Janv. 2017